• HISTOIRE

    HISTOIRE

  • Commune de Paris photographiée : entre Histoire, Mémoire et Justice (Disdéri, Appert et Braquehais)

    (cliquez sur l'image)

    Lorsque la photographie sert la répression

    Lorsque la photographie sert la répression


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  • Trois techniques de reproduction mécanisées d'images (daguerréotype, calotype et cliché-verre) apparurent au cours des années  1840-1850s. Chacun de ces procédés mérite d'être identifié et son aventureuse histoire retracée ; simples faits historiques peut-être mais trop souvent délaissés par les grands narratifs officiels de l'histoire de l'art. Sans ces éléments, aussi factuels soient-ils,  les révolutions picturales de la seconde partie du 19ème ne peuvent être sérieusement appréhendées.

    Mise en danger et discorde : Presque immédiatement après son invention, l'impression photographique fit trembler le monde des peintres dessinateurs et graveurs ; le perfectionnement incessant du nouveau procédé, toujours plus objectif et  plus rapide accule les deux favoris de nos Académies: peintres de portraits et peintres d´Histoire. Les premiers disparurent ou presque, les seconds s'adaptèrent en reniant leurs modèles. Seuls survivront à cette révolution technologique les plus grands artistes… au prix toutefois d'une mise à jour de leurs critères et références esthétiques ; la photographie déteignant indéniablement sur la peinture, aussi créative fusse-t-elle.

    Assimilation et réconciliation: S'il est un domaine où photographies et peintures convergent vers une esthétique commune, c’est bien dans la représentation du paysage. Côté français, paysagistes peintres ou photographes partagent un même goût pour la nuance, l’atmosphère et la lumière dont hériteront les Impressionnistes; tandis que leurs homologues anglais affectionnent un très victorien goût pour le détail, lequel en retour exaspéra la critique française. Pour finir, il est important de noter que le photomontage et les défauts inhérents à la photographie viendront peu à peu s'immiscer dans le travail pictural des peintres anglais en particulier de Millais.

     Sources :

    L'histoire de la photographie

    L'histoire de la photographie


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  • Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    Germaine HIRSCHFELD, plus connue sous le nom de Cosette HARCOURT, née le 20 décembre 1900 à Paris, où elle décédera le 11 février 1976, est une photographe portraitiste française célèbre.

    Madame Hirschfeld est à l'origine du très célèbre Studio Harcourt, atelier de portraits d’art.

    J’ai pu aisément retrouver son acte de naissance dans les archives numérisées (AD 75 n°1627 page 31)

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    ainsi que son acte de mariage (AD 75 n°767 page 24).

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    Germaine HIRSCHFELD est née au 21, rue Condorcet à Paris 9ème : elle est la fille de Percy Victor Hirschfeld et de Sophie Liebman, des immigrants juifs allemands installés à la fin du XIXe siècle dans la capitale. Pour fuir la répression allemande, la famille se réfugie à Londres pendant la Première Guerre Mondiale. Germaine Hirschfeld revient en France aux alentours de 1923, où elle se réinvente une identité et une nationalité : elle est devenue Cosette Harcourt, photographe de nationalité anglaise ; elle a adopté une élégance stricte et un maintien aristocratique qui entretiennent l'ambiguïté sur ses origines, mêlant le prénom d'une figure « misérabiliste », célèbre grâce à Victor Hugo et le nom d’une illustre famille normande d'extraction féodale.

    Elle s’exerce à la photographie et travaille pour différents studios parisiens : le studio Piaz puis les studios Manuel Frères spécialisés dans le portrait.

    En 1933, elle crée un studio de photographie au 11 bis, rue Christophe-Colomb à Paris, pour ensuite s’installer au 49 avenue d’Iena dès 1936, dans un hôtel particulier bâti en 1897 pour le très célèbre banquier Maurice Kann à l’emplacement d’une maison en pierre de taille qui appartenait au docteur Samuel Pozzi.

    En 1934, elle s'associe avec les frères Lacroix, Jacques et Jean - patrons de presse français fondateurs en 1923 d'un groupe de presse spécialisée qui comprendra, entre autres, Guérir, Santé Magazine, Archeologia, La Vie des bêtes -, et Robert Ricci, fils de Nina Ricci - non moins célèbre maison de couture franco-italienne - pour fonder le studio Harcourt.

    Jacques Lacroix l'épouse le 3 août 1940 pour lui donner son nom et échapper ainsi aux nazis ; mais l’arrivée massive des troupes allemandes dans Paris la contraint de passer en zone libre pour ensuite gagner l’Angleterre. Comme convenu, à la Libération, elle divorce avec Jacques Lacroix et Mademoiselle Harcourt réintègre son poste de directrice.

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    Pour prospérer, le studio se spécialise dans « le portrait » en noir et blanc des célébrités du monde du cinéma et de la culture, dans un style de clairs-obscurs.

    Cosette Harcourt sera nommée «  La Mademoiselle Chanel » de la photographie dont elle a contribué à l’essor ; en effet, elle a l’origine du « style Harcourt » avec 3 sources de lumière pour privilégier le visage, le détacher de toute référence temporelle, densifier les ombres, et mettre l’accent sur le regard et le meilleur profil du personnage.

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    Le Studio Harcourt connaît sa période de gloire à partir de 1950 et Cosette Harcourt met fin à sa collaboration en 1968.

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    Sources :

    Studio HARCOURT la griffe des stars

    Cosette Harcourt (Wikipedia)

    Le studio Harcourt

    Les actus DN (Janine Tissot)

    Les studios Manuel Frères (Gallica)

    La boutique du Studio Harcourt

    Le portrait Harcourt

    Dans les coulisses du studio (cliquez sur l'image ci-dessous)

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

    Germaine HIRSCHFELD et le studio HARCOURT

     


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  • Ce 9 janvier 1839, c'est une invention révolutionnaire qui est présentée par Arago à l'Académie des sciences : le daguerréotype, premier procédé photographique de l'histoire à pouvoir afficher et enregistrer une image permanente (pour lire la suite, cliquez sur l'image)....

    1839 : quand la France découvre la photographie

    1839 : quand la France découvre la photographie

     


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  •  D'après un article de Retronews

    Témoin privilégié du Paris des Années folles, le photographe hongrois Brassaï a laissé en héritage un des plus beaux portraits de la ville. Des clichés devenus emblématiques, nichés quelque part entre reportage et poésie.

    Brassaï est né Gyula Halász en 1899, à Braşov, alors ville de l’empire austro-hongrois. Élevé par des parents épris de littérature et fervents francophiles, il fait son premier séjour à Paris en 1903, son père y ayant obtenu un poste pendant un an. A quatre ans, le futur photographe absorbe déjà les images que la capitale de la Belle Époque peut lui offrir.BRASSAI ou "l'oeil de Paris"

    De retour en Transylvanie, le jeune Gyula grandit entouré des amis artistes et écrivains de son père. Après la guerre, encouragé par ce dernier, il s’inscrit aux Beaux-Arts de Budapest et s’initie à la sculpture et la peinture. En 1920, il s’installe à Berlin où il s’improvise journaliste, devenant correspondant pour la presse hongroise. Il est admis à l’Académie des beaux-arts mais la déserte rapidement, préférant les académies libres.

    Du reste, Halász est un animal social qui vit essentiellement la nuit. Il consacre son temps aux rencontres, et pas des moindres. Il évolue rapidement avec la pointe de l’avant-garde, Moholy-Nagy, Gontcharova et Larionov, Kandinsky et Kokoschka. Mais après trois années, sa curiosité insatiable rêve de nouvelles découvertes. Il s’envole pour Paris, la ville qu’il a toujours rêvé de retrouver et qui verra naitre Brassaï.

    Gyula Halász arrive à Paris en 1924 pour ne plus jamais repartir. Le jeune artiste retrouve quelques amis berlinois et étend rapidement son réseau. Sociable et charismatique, il multiplie les rencontres, explorant la ville sous toutes ses coutures, mondaines et populaires, de jour et surtout de nuit. Il exerce sous plusieurs pseudonymes, reflet de ses nombreuses activités : rédacteur pour un journal sportif hongrois puis pour plusieurs titres allemands, il travaille également comme dessinateur et caricaturiste. Il se fait par ailleurs brocanteur, achetant des photographies et cartes postales anciennes qu’il revend à son entourage – André Breton, Paul Eluard, Salvador Dalí notamment.

    Halász laisse peu à peu la peinture de côté. En plus de ses nombreux métiers, il devient agent de photographes pour les besoins de la presse, qui le charge de trouver des clichés pour illustrer ses articles. Celui qui n’avait jamais envisagé la photographie, la prenant même de haut, commence à s’y intéresser. En 1925, il rencontre Eugène Atget, qui sera un modèle pour lui comme pour beaucoup de ses contemporains. Mais la rencontre décisive est celle d’André Kertész, un an plus tard, qui finit de le convertir et l’initie à la technique. La photographie se révèle être une vocation. En 1929, Brassaï acquiert un appareil et se jette tête baissée dans cette nouvelle passion.

    Brassaï aménage une chambre noire à son hôtel afin de réaliser ses propres tirages. Il cherche à anoblir l’ordinaire, et pour cela il réalise des photographies en gros plan d’objets du quotidien : une paire de ciseaux, des allumettes, une bougie, des coquillages… Tant de photographies où, selon les mots du journal Carrefour, « la banalité du sujet en soi rejoint l’exception rare ».

    Il produit toute une série, objets à grandes échelles, dont certaines images sont publiées dans The New Review et n'échappent pas au Chicago Tribune :

    BRASSAI ou "l'oeil de Paris"

    Mais c’est vers ce qu’il connait de mieux que le jeune photographe tourne son objectif : Paris. Ses premières années à arpenter la ville lui ont été bénéfiques. Il a appris la capitale par cœur, jusque dans ses recoins les plus excentriques et transmet dans ses clichés sa vision personnelle d’un Paris autre, caché :

    BRASSAI ou "l'oeil de Paris"

    La nuit l’a toujours inspiré. Brassaï photographie les lieux dissimulés, les bals, les bars et les bordels, avant de déambuler dans les rues vides de la ville endormie. Il entend montrer la beauté du Paris ordinaire et de ceux qui la font fonctionner : veilleur de nuit, imprimeur, maraîcher.

    Il est souvent seul, parfois accompagné. Henry Miller, qu’il vient de rencontrer, lui rend régulièrement visite et aime le suivre dans ses flâneries au clair de lune. L’écrivain américain est fasciné par son travail et écrit un texte à son sujet, « L’œil de Paris », qui parait quelques années plus tard.

    BRASSAI ou "l'oeil de Paris"

    Le photographe compile ses clichés dans  un ouvrage phare, Paris la nuit, préfacé par Paul Morand et qui parait en 1932, année où Gyula Halàsz devient définitivement Brassaï, en hommage à sa ville natale. Le livre, qui révèle au public un Paris méconnu, poétique et cocasse, connaît un grand succès.

    L’Intransigeant en publie un extrait en avant-première tandis que le Chicago Tribune lui consacre un article dithyrambique, affirmant – certes à tort – que « le nom de Brassaï restera connu tandis que celui de Paul Morand sera oublié », rendant justice au photographe dont la couverture du livre fait apparaître le nom en petitsBRASSAI ou "l'oeil de Paris" caractères contrairement à son auteur et malgré les soixante photographies qui composent l’ouvrage.

    Dès lors, Brassaï va être assailli de commandes. Photographe mondain, il fait le portrait du tout-Paris. Il devient aussi le photographe des artistes : Giacometti, Dalí, Kokoschka, Braque, Maillol…

    Il collabore avec la presse, produisant des reportages pour les nouveaux magazines illustrés, en pleine éclosion au début des années 1930 : Allo, Détective, Paris Magazine, Ici Paris, L’Illustration, Les Étoiles. Un de ses plus gros clients est le magazine américain Harper’s Bazar, avec qui il travaillera pendant vingt ans, produisant des reportages en France ainsi qu’à l’étranger. Il réalise par ailleurs de nombreux reportages pour la revue communiste Regards.

    À Paris, Brassaï se lie d’amitié avec Georges Ribemont-Dessaignes, qui lui présente les frères Prévert. Il fréquente Maurice Raynal, critique d’art pour L’Intransigeant, dans lequel le photographe publie un article où il exprime ses vues sur la nature et la fonction de son médium. Puis Raynal présente Brassaï au critique d’art Tériade, qui le présente à Picasso.

    Ce dernier apprécie ses photographies de nuit. Il l’emmène dans son atelier de la rue de La Boétie puis dans son château de Boisgeloup, en Normandie, où le photographe immortalise ses sculptures, alors jamais montrées. Cette rencontre marque le début d’une longue amitié. Le maître espagnol ne cessera d’encourager Brassai dans son travail. C’est aussi lui qui, dans les années 1940, insiste pour que le photographe reprenne le dessin.

    Les clichés des sculptures de Picasso sont publiés dans le premier numéro de la revue Minotaure, avec qui Brassaï entame une collaboration, et qui lui permet de rencontrer les Surréalistes. On a souvent souligné le caractère étrange de ses photographies, particulièrement celles d’objets ordinaires, comme son intérêt pour les graffiti. Mais Brassaï s’est toujours défendu d’appartenir au mouvement. Toutefois, à travers ses clichés sans trucage ni fioritures, il réussit à instiller une part de rêve, qui n’échappe à personne et surtout pas au critique et premier directeur du Musée national d’art moderne Jean Cassou.

    En l’espace d’une décennie, Brassaï est devenu une icône de la photographie, tentant de répondre à toutes les propositions sans jamais cesser d’explorer de nouveaux thèmes et moyens d’expression : le dessin, la sculpture et même la tapisserie. Brassaï réalisera également un film, Tant qu’il y aura des bêtes, qui recevra le prix de l’originalité au festival de Cannes de 1956.

    Descendu à Nice en 1940, le photographe décide finalement de rentrer à Paris pour protéger ses négatifs ; il y reste pendant toute la période de l’Occupation. Malgré les sollicitations des autorités allemandes, il refuse de collaborer, quitte à ne plus pouvoir pratiquer. Il revient à l’écriture avec Bistro-Tabac, sorte de compte-rendu en langage populaire des absurdités de cette période sombre.

    Brassaï est aussi un passionné de danse. Celui qui, du haut de ses 18 ans, avait proposé un argument de ballet au compositeur Béla Bartók, réalise son rêve en 1945 et produit les décors du ballet Rendez-Vous de Jacques Prévert.

    Brassaï produira et s’investira dans de nouveaux projets jusqu’à son dernier souffle, en 1984. Il mourra, plume en main, venant juste d’achever un ouvrage sur la vie de Proust, qui l’avait occupé pendant plusieurs années. Le photographe aura enveloppé Paris de son regard enchanteur, révélant les multiples visages de la ville à travers des images aujourd’hui intemporelles.

    Pour en savoir plus :

    Brassaï (1899-1984) : au-delà de "Paris la nuit"... (France Culture)

    Artnet

    Brassai, photographe et poète de la nuit

    Brassai (Grands photographes)

    Wikiart

    Wikipedia

    BRASSAI ou "l'oeil de Paris"

     

     

     


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